center for contemporary non-objective art

Le Beau le Bien le Vrai July 2010

Non-Objectif Sud (NOS) is pleased to present its fifth exhibition and residency program with le beau le bien le vrai, an exhibition curated and organized by Tilman and Petra Bungert of CCNOA (Center for Contemporary Non-Objective Art, Brussels, Belgium).

ARTISTS
Massimiliano Baldassarri (IT/CH)
Francisco da Mata (PT/CH)
Camila Oliveira Fairclough (BR/UK)
Sacha Goerg (CH/BE) & Joanna Lorho (FR)
Alexandra Guillot (FR)
Colombe Marcasiano (FR)
Guillaume Millet (FR)
Roland Orépük (CH)
Benjamin Rivière (FR)
Ingrid Maria Sinibaldi (FR)
Damien Sorrentino (FR)
Cédric Teisseire (FR)
Wilson Trouvé (FR)
Emmanuel Van der Meulen (FR)

The exhibition project le beau le bien le vrai (named after a work of the same title by Damien Sorrentino) presented by NOS aims to survey artistic production focusing on the realm of reductive and conceptual art within the perimeters of a more regional context. For this exhibition CCNOA has invited 14 artists working in the francophone -and neighboring francophone countries- cultural landscapes. The participating artists live and work in Paris, Marseille and Nice (France) as well as Grenoble, Geneva and Neuchâtel (Switzerland) and have studied at renowned art schools including the Villa Arson, Nice.

In addition to painting, sculpture and video works, le beau le bien le vrai presents site-specific works - both indoors and outdoors. Turning NOS into their temporary studio, the artists expanded and reflected on NOS’s magnificent setting and the environment.

Since its inception in 1998, CCNOA, a multidisciplinary non-for-profit art organization currently based in Brussels, has established a platform to review and introduce contemporary artistic positions, strategies and developments in the field of reductive art on an international level. Focusing for the past 12 years on the dialogue between artists, art-professionals and art-lovers from around the globe, CCNOA has helped to renew the discourse surrounding the subject of contemporary reductive art and has inspired many others to set up similar organizations.

To broaden communication and exchange between artists and the public, CCNOA has also organized a series of traveling group exhibitions in the USA, Australia and Europe in addition to its ongoing exhibition program in Brussels. Visit http://www.ccnoa.org for further information.

ABOUT NOS
NOS was founded by co-directors Andrew Huston and Karole Vail in 2005 as a non-for-profit alternative to the institutional space of the commercial art gallery. NOS is located at La Barralière, a farmhouse with an adjoining exhibition space in the Rhône Valley 50 kilometers north of Avignon. Each summer, artists are invited in residence to collaborate, create and exhibit site-specific artworks within this Kunsthalle platform.

FOR FURTHER INFORMATION, PLEASE VISIT:
http://www.nonobjectifsud.org

ABOUT THE ARTISTS
PLEASE NOTE: UNFORTUNATELY SOME OF THE TEXTS ABOUT THE ARTISTS ARE CURRENTLY AVAILABLE IN FRENCH ONLY.

MASSIMILIANO BALDASSARRI
*1968 IN ITALY / LIVES AND WORKS IN GENEVA AND NEUCHÂTEL (CH)

Baldassarri utilise un matériau qu’il trouve dans son environnement direct. Il mélange le vocabulaire formel du minimalisme, du pop art et de l’abstraction géométrique avec des signes et des matériaux qui évoquent la trivialité du réel et du monde ordinaire. Son travail est polymorphe (installations, films, objets, photographies, peintures, sculptures, sons, performances) – Il déjoue les catégories formelles, stylistiques et conceptuelles en ouvrant des échanges entre différentes pratiques. Cette caractéristique de son travail lui permet d’évoluer dans divers registres dans un dialogue entre les notions d’abstraction, de réalité et de fiction. La répétition sérielle, la reproduction, la duplication, la variation et la reprise sont des stratégies constantes de son travail. Il est titulaire d’un DNSEP Art, obtenu à l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Il complète sa formation avec un 3ème cycle (arts et nouvelles technologies) au CNAM, Conservatoire des arts et métiers, Paris. Il est également titulaire d’un diplôme de graphisme et communication visuelle. Engagé dans différentes associations pour la promotion de la culture alternative et des pratiques pluridisciplinaires, il travaille notamment au Bikini Test, La Chaux-de-Fonds et à l’Usine, Genève, en tant que programmateur, coordinateur et graphiste. Il se consacre de 1997 à 2003 essentiellement à des projets collectifs et participe à plusieurs formations musicales ( éléctro, rock et expérimental ). Il travaille notamment avec Al Comet (The Young Gods), Jérôme Doudet (Knut & Intercostal), Jonas Kocher et Raphaël Raccuia (Blindekinder). En 2004-2005, il est résident à la Cité internationale des arts à Paris. Dès 2006,il travaille pour l’association Kunstart et rejoint l’équipe du CAN (centre d’art Neuchâtel) en janvier 2008 en tant que coordinateur, artiste, curateur et graphiste. En été 2008, il organise le premier laboratoire d’été du CAN « Glocal Bang » avec une trentaine d’artistes suisses et internationaux. Il présente régulièrement son travail en Suisse et à l’étranger.

FRANCISCO DA MATA
*1968 IN PORTUGAL / LIVES AND WORKS IN NEUCHATEL (CH) /
www.francisco-da-mata.com

Avec une prédilection pour la mixité des techniques et une frilosité farouche à l’encontre de toute catégorisation, le travail de Francisco da Mata se conjugue au pluriel. Du dessin et de la peinture à la sculpture, en passant par la photographie et l’installation, l’artiste nous propose une relecture des images et des objets de notre quotidien. Résolument visuelles et d’une qualité technique irréprochable, ses œuvres, à mi-chemin entre l’art et le design, nous séduisent instantanément à l’image de ses étoiles filantes et autre surface glacée. Si la première approche offre une lecture aisément directe flattant notre sens de l’esthétique, l’admiration est aussitôt remplacée par l’émergence d’une superficialité sous-jacente. Entre fascination et répulsion, l’apparat policé laisse rapidement place à une froideur décontenancée, comme si l’artiste avait décidé de nous induire en erreur pour mieux nous raisonner. Tel un brillant stratège s’adonnant avec jubilation au jeu des apparences, Francisco da Mata déguise pour mieux révéler. En faisant appel à une forme de psychologie inversée, l’artiste pastiche un idéal canonique contemporain afin d’en extraire un propos irrévérencieusement acéré. En s’appropriant le mode de communication publicitaire et son cortège de slogans, d’illusions et de vanités intoxicants, l’artiste critique par un plagiat ironique les dérives d’une société en mal d’identité. Fardées d’une splendeur imposante au pouvoir d’attraction magnétique, ses œuvres stigmatisent à la fois le malaise d’un artiste aux prises avec un art de consommation. Comme un miroir aux alouettes, l’œuvre de Francisco da Mata est percutante et incisive dans sa critique de la futilité.

SACHA GOERG
*1975 IN GENEVA (CH) / LIVES AND WORKS IN BRUSSELS (BE) /
www.sachagoerg.com

The work of Sacha Goerg seen through the visual codes generated by the variety of works cannot be understood in its entirety in an effortless way and unless one finds in the heterogeneity the key to the global reading. The representation of a collection and the moment when she becomes recognizable as such is already part of the suggested questions. In other words, the variety of the formal propositions between minimal art, figuration and comics grows out of a simple research core: the threshold and its position or the fascination for the inability to grasp a limit. It is not exactly a border or separation between two worlds in itself, but its outline: the swinging point between two states, two zones, two moments.

ALEXANDRA GUILLOT
*1980 IN BAYONNE (FR) / LIVES AND WORKS IN NICE (FR)/
www.alexandraguillot.com

« La poésie plastique d’Alexandra Guillot a de nombreuses constances : certaines sont flexibles, souples même lâches, d’autres tenaces, sont extrêmement tendues, résistantes. Je me demande aujourd’hui par quoi commence-t-elle, dans quel ordre cela se fait, quelle rapport électifent retient-elle avec la matière ? Quand on vous amène à croire que vous circulez dans une forêt enchantée dans un lieu éminemment soporifique et faussement neutre d’une galerie ou d’un musée avec 5, 6 troncs en mousse découpés à la scie électrique pour gigot, y aurait-il quelques nécessités intérieures ou quelques envies de persuasion qui dépassent la simple virtuosité sculpturale ? … Je crois que l’exercice de répétition formelle est à la base de la majorité des réalisations d’Alexandra Guillot. Sans démonstration aucune mais en connaissance de causes (les dates et les photographies d’Opalka, les cartes et l’encre d’AligheroBoeti) Alexandra Guillot recouvre des cahiers à carreau d’innombrables croix distinctes, faites au stylo, les unes à côté des autres, remplissant chaque jour des pages, et des pages, et des pages … En existent-t-ils de parfaites ? Sur les milliers déjà tracées, y en aurait-il une identique à une autre ? … Alexandra Guillot fait aujourd’hui une lecture toute personnelle de l’art post-moderne et de l’art contemporain. Tout comme l’utilisation constante qu’elle a du Yi-king, des bâtons et de la fumée, la jeune sybilline redistribue les cartes d’un jeu de l’art plus que secoué, pour en faire des énigmes individuelles, toujours plus coriaces, toujours plus sérieuses. Au-delà d’un jeu de mot et d’une participation à l’exercice de la fameuse phrase lumineuse, que vois-je dans la dernière pièce que l’artiste réalise pour écrire le mot néon avec du fil électrique au bout duquel une ampoule brille ? … certes une appartenance désormais familière à l’arte povera, à l’humour de Bruce Nauman et de ses descendants mais j’y trouve surtout de quoi m’y perdre. Ce qui est devenu pour moi, sans que je m’en rende compte, une sorte de critère d’appréciation. » (Sylvain Pack, Août 2008 - extrait)

GUILLAUME MILLET
*1970 IN RENNES (FR) / LIVES AND WORKS IN PARIS (FR)

“Millet dissociates techniques and approaches, which could suggest different creators. On the one hand, acrylic on square small sized canvasses, reduced to a bi-chromatic black and white. On the other hand lead, colour pencil and carbon drawings on paper. The paintings are subjected to a formalistic and technical configuration giving them a hard edge aspect, while the drawings with their fragile hesitating trace are free of rigidity, which gives them an unquestionably more disorganized appearing. Still, both originate from the same mind; the artist attempting with different, even diverging means, to question the representational process. The acrylics are based upon a photographed, then photographic reality which Guillaume Millet has reworked, and then refined to extract a substantial marrow out of it to be reapplied coldly onto canvas. From there on the main stakes are concretized prior to the actual pictorial deed: the choice of the motive and then of the photographic framing, the transcription of these data and the quest for an appropriate scale all happen prior to the application of paint on the canvas, which could just as well be delegated. A completely different matter are the drawings in which Guillaume Millet, while starting from various transposition stages, the source of which is once more second hand documentation, incorporates part of the risk which was particularly reduced in the acrylics. While the paintings are predictable, his drawings, overlapping and interlacing different sources, scales and angles are always of an uncertain becoming. As a reply to the exacerbated formalism, rejecting all corporeality, there is a writing like a seismograph, recording the least tremors of presences begging to manifest themselves.” (Erik Verhagen)

CAMILA OLIVEIRA FAIRCLOUGH
*1979 IN RIO DE JANEIRO (BR) / LIVES AND WORKS IN PARIS (FR)

With her dual Brazilian and British nationality, Oliveira-Fairclough elected in 1999 to pursue her training, embarked upon in Rio de Janeiro, at the School of Fine Arts in Paris. She is developing a rudimentary form of abstract painting which reactivates the basic pictorial issues that spanned the history of the 20th century, via geometric abstraction, Minimal Art, and Pop Art. Her art turns the space of the canvas into an arena of experimentation in which the ratios of rhythms, structures, composition and colour are all declared to attempt to question painting itself and its reception. Its primary forms are not, strictly speaking, diagrammatic forms of real elements, but they nevertheless keep a close link with the world. They ring out in each one of us like memories fanned by a collective memory.

COLOMBE MARCASIANO
*1974 IN FRANCE / LIVES AND WORKS IN PARIS (FR) /
www.marcasiano.com

« A rebours de certaines démarches passéistes comme on peut en croiser en pagaille au dé¬tour des foires et des prix de la saison, le vocabulaire constructiviste de Colombe Marcasiano rejoue à sa manière une petite histoire des formes sans prétention aucune mais avec sincérité et finesse. A la vanité des citations cryptiques, l’artiste oppose le goût des installations à la limite du didactique. Dans l’exposition « Les Formes Féminines » à Marseille en avril dernier, elle propo¬sait une pièce intitulée « le nuancier du peintre », ce dernier pris comme allégorie de l’artiste absolu. L’oeuvre semblait proposer littéralement l’expérience sensible du monde, figurée par des panneaux de bois imitant bois, crépi, brique, grillage, marbre, comme matériau premier de l’artiste. Un grand châssis détoilé, posé nonchalamment contre une colonne non loin de là, renforçait encore le propos en posant la peinture comme une fenêtre sur le monde, même lorsqu’elle se retrouve dépourvue d’image. Lorsque l’on tournait autour de la pièce, on pou¬vait alors voir l’envers du décor, à savoir le recto des planches vierges: aveu de l’impuissance de leur simulacre ou au contraire grande confiance en l’imaginaire du spectateur à compren¬dre la position de l’art entre représentation et réalité? » (Dorothée Dupuis, 09/2009 - extrait)

ROLAND ORÉPÜK
*1950 IN BRIANÇON (FR) / LIVES AND WORKS IN GRENOBLE (FR) /
orepuk.art.monsite-orange.fr

« Orépük n’a pas dérogé à ses principes : rigueur, régularité, permutations mathématiques ou géométriques à partir d’une base de données élémentaires. La peinture, dans la lignée où il s’inscrit, ne joue pas avec les apparences, les figures ou les images, elle se limite à ses seuls effets, opère pour le seul regard. Cependant, à force de provoquer l’infini déployé par l’usage de la variation, cette attitude, fondée sur une ascèse et qui n’a jamais abandonné l’antique geste de peindre, a-t-elle pu laisser affleurer un sens, pour ne pas dire une transcendance. On le croit volontiers, lorsque le peintre évoque justement, à propos d’une série sur laquelle il travaille, "comme un certain poids, l’approche du silence" De fait, ces peintures ont seulement, sur les réalisations antérieures, un aspect qu’on dira plus massif, plus brut, plus dépouillé. Mais serait-ce que le peintre concret se retrouve ici sur une semblable tonalité spirituelle avec le peintre d’icônes ? » (Jean-Pierre Chambon)

« Référence Tatlin’s Tower. Point de départ d’une création in situ, à partir de matériaux pauvres (palettes de manutention). Conservant avec cette pièce l’essentiel de mes préoccupations. A savoir, le vu, le non vu, le recto, le verso, une réalisation prosaïque, une finition brute ou le geste apparent ne cache rien de la fabrication. Ainsi l’œuvre après avoir implosé dans ses formes, explose dans sa structure, à la conquête d’un nouvel espace. Il faut explorer pour découvrir… ce qui ne va pas sans risques, y compris celui de la gratuité, ou de se perdre. Quant au spectateur, il lui faut rester à l’écoute et apprendre toujours et encore à regarder. » (R.O. 2010)

BENJAMIN RIVIÈRE
*1976 IN PARIS (FR) / LIVES AND WORKS IN PARIS /
www.benjaminriviere.com

Dans la vidéo Plans Par Couleur, le spectateur assiste à une représentation du paysage urbain dans laquelle trois notions interviennent: le point de vue (fixe, frontal, narratif), le prélèvement, l’abstraction. La vidéo qui est une succession de boucles, interroge le passage qui s’opère entre l’image fixe, l’image animée. Le son, en prise direct, introduit un hors champ. La rigueur et le systématisme du cadrage ainsi que le jeu sur le motif, introduit une vision en plan où un dialogue s’instaure avec la peinture.

«Skyline est une vidéo constituée de fragments de paysages prélevés dans des images de jeux vidéo réalisés dans les années 1980 et qui s’inscrivent dans le mouvement de pixel art. C’est aussi une installation qui confronte ces paysages illusionnistes à leur spectre. « (…) L’abstraction serait-elle un leurre, une hallucination ? Des anamorphoses, des dessins en apparence abstraits, mais qui sont extrapolés de figures réelles. (…) Est-ce que l’abstraction aujourd’hui est principalement la propriété de l’industrie culturelle ? Des motifs sur des vêtements ? Des logos dans le paysage ? Des images vues sur des écrans de TV ? Quelque chose relevant de la distraction de l’entertainment, etc. ? Des hypothèses en forme, visuelles, quant à ce qu’il en est de l’abstraction aujourd’hui. » (‘Une histoire extraordinaire ’, Vincent Pécoil, Catalogue de l’exposition La lettre volée)

INGRID MARIA SINIBALDI
*1975 IN MARSEILLE (FR) / LIVES AND WORKS IN NICE (FR)

A former student at the Villa Arson, Ingrid Maria Sinibaldi quickly renounces the canvas in favor of a heightened sense of space for her painting: monumental works produced on carefully cut-out plywood, explosive flat surface colors, explicit references to modernity (Malevitch, Rodtchenko, Matisse, Picasso and Arp, amongst others). In this universe where the artist’s vital and narcissistic instincts digest the history of art by way of a jumpy saw, frenzy and rock ‘n’ roll rub shoulders with pleasure and vanity for offensively physical, poetic installations.

DAMIEN SORRENTINO
*1974 IN PARIS (FR) / LIVES AND WORKS IN NICE (FR)

La démarche de Damien Sorrentino Florentz, «artiste-chercheur», se compose de ramifications diverses et se nourrit de différents champs d’actions, tels que l’astrophysique, l’acoustique, l’architecture, la géopolitique, la cartographie. L’artiste questionne notre humanité et les territoires qui la traversent. Ses pièces donnent à voir une diversité d’univers et d’imaginaires. Toutes interrogent le vivant, l’humain, dans une période où les certitudes vacillent. L’homme se retrouve face à l’absurde, évoluant dans un monde paradoxal. Ses oeuvres mettent en tension des éléments à priori en opposition pour nous dévoiler au final leurs liens plus subtils. Elles cartographient des territoires devenus à la fois « mémoires du passé » et lieux d’attente et de méditation. Le temps y est suspendu, comme pour manifester les errances de l’humanité, en témoigne l’image du cimetière. La trace de l’homme demeure pourtant, malgré son absence physique. Les objets prélevés par l’artiste sont insaisissables de par leur statut ambivalent ; c’est ce travail de l’équivoque qui crée le poétique. L’artiste observe les phénomènes naturels et les confronte à la perception humaine. Ainsi le volume de neige très sculptural de Congères devient relief; l’image s’incarne, devenant elle-même sculpture. Damien Sorrentino Florentz est avant tout sculpteur, il manipule habilement les jeux d’échelle : l’alternance de mondes micros et macros nous ébranle, questionnant notre place au sein de l’univers sous une forme sérieuse entremêlée d’humour et de dérision.

CÉDRIC TEISSEIRE
*1968 IN GRASSE (FR) / LIVES AND WORKS IN NICE (FR) / www.cedricteisseire.net / CO-FOUNDER OF LA STATION, NICE (FR)

“What you see is what you get. As a concept, my work is about finding a relationship between abstraction and reality, minimalism and self-identification, painting whether dead or alive, consequently alive. In order to reach this, I handle painting with its own attributes and qualities. While practicing, I had to find out my own tools other than traditional ones, syringes for example, and also my own language with the help of gravity and dripping the thickness of coat, the skinny aspect and the time for drying are all elements that could be taken as drawbacks for a new syntaxical panel. Paint as a liquid, lacquer, dictates me how to use it and mostly how to overcome all its background and history by changing the status of these defaults. They become a significant part, one of the main sources of meaning. I find myself as to re-invent a way to construct a painting, to anticipate all actions in order to reach a suitable result. I’m mostly interested in the distance that lies between my expectations and the end result. My posture is to be both the actor and the viewer while I am in the process of working. First of all, I know what I want and what I convoke but in the end I have to accept what I reach, if not I have to reiterate the action. For me it’s very close to repetitive music, Terry Riley for example, where the corpus of a part is made of thousand different things that change step by step. My canvases are no longer a window but become a mirror or a screen where each person is able to find what he is looking for, an open space for personal projection where painting as a material is a vehicle for glossy and sparkling colour, holding bubbles and scars, that shrivels or ripples. Thus, the skin of the paint turns out to be an element of seduction or repulsion, a relevant question to gauge the notion of taste.“ (Cédric Teisseire, 2006)

WILSON TROUVÉ
*1980 / LIVES AND WORKS IN MARSEILLE (FR) /
www.wilsontrouve.com

« Les oeuvres de Wilson Trouvé nous plongent dans la magie du faire. La main qui pense, dit-il, est celle qui touche, qui palpe, qui sent ce qu’il y a à extraire, à faire. Cet artiste "cuisine" donc ses oeuvres et laisse son intuition façonner son intention créatrice de départ dans un processus d’exploration qui l’amène à : Plier, déplier, superposer, accumuler, stratifier, perforer,laisser reposer, laisser couler, répandre, étendre, apprendre, laisser faire, prendre le temps, activer, s’activer, cuisiner, mélanger, lisser, gratter, nettoyer, laisser sécher, laisser de côté, reprendre, laisser tomber, relever, révéler, ouvrir, sectionner, trancher, faire une incision, prendre une décision. L’utilisation des bonbons comme matériau principal de son travail artistique démontre l’importance du ludique dans l’oeuvre de Wilson Trouvé. Il en expérimente les différentes matières, textures et formes en utilisant le bonbon fondu comme une pâte picturale... . Par l’entremise de cette substance sucrée qui stimule notre sens du goût, l’exposition "Consommations" aborde le thème du désir et questionne les paradoxes entre jouissance et frustration, goût et dégoût, éjaculation et vomissure ainsi que les paramètres de la beauté, du goût et du plaisir. Trouvé convit le spectateur dans un espace intimiste qu’exige, pour être appréciés, ses plateaux de bonbons fondus. Par ses vidéos et ses sculptures, il propose au visiteur une expérience déconcertante, un plongeon dans son univers créatif qui explore les multiples facettes de ce médium sans prétention et témoigne du processus artistique de l’artiste : Je désire, je digère, je crée . » (Hélène Brunet Neumann)

EMMANUEL VAN DER MEULEN
*1970 IN PARIS (FR) / LIVES AND WORKS IN PARIS

« C’est au début des années 90 qu’Emmanuel Van der Meulen commence la pratique de la peinture en autodidacte avant d’intégrer l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1995. Depuis 2004, l’artiste construit ses tableaux en isolant en leur centre une large surface monochrome traitée en aplat dans des tons chromatiques généralement neutres. Autour de cette zone centrale du tableau, se retrouvent des surfaces divisées, marges et bordures qui, elles aussi, sont des aplats dans de couleurs plus soutenues. Rejetées, soit sur les côtés, soit au sommet, ces marges sont là pour signifier des espaces vides ou vacants, même s’il s’agit d’espaces peints. L’artiste utilise délibérément des formes simples qui sont le minimum reconnaissable afin que le spectateur puisse rapidement se confronter à ce qu’il nomme « l’expérience du tableau proprement dit ». « Je conçois l’expérience de la peinture comme une expérience partagée, même si celui ou celle qui va venir devant le tableau s’y confronte seulement dans un second temps. J’ai en tête que ma position et celle du regardeur sont interchangeables. Si je me pose ainsi devant chaque tableau c’est pour que d’autres puissent le faire à leur tour ». … Depuis 2005, l’artiste privilégie un principe d’accrochage en créant une ligne de vue supérieure à la hauteur d’accrochage habituelle, « l’accrochage aligné sur la limite haute de l’aplat (autour de 195 cm du niveau du sol) permet aux tableaux de créer leur propre architecture ». Cet accrochage dynamique des tableaux permet à la fois aux œuvres de dialoguer entre elles et aussi de nommer l’espace d’exposition en tant que tel. « Le travail de la peinture c’est aussi accepter la mémoire de la peinture. Si l’on fait de la danse, on se confronte à son propre corps, à ses limites physiques, à un public, mais aussi à l’histoire de la danse. En tant que peintre, je suis forcément confronté à l’histoire de la peinture et à ses formes, je suis, moi-même ou dans le travail, traversé par l’histoire de la peinture. Mais ces traversées, ces mémoires, brouillent moins les choses qu’elles ne permettent d’en formuler avec plus de précision et de conscience ». (Emmanuel Van der Meulen, extrait du texte paru dans le catalogue de l’exposition)